La direction d’Euriware traîne le CHSCT Ouest au tribunal !
En décembre 2008, le médecin du travail prévient le Comité d’Hygiène et de Sécurité d’Euriware Ouest qu’« il y a un grave problème de souffrance mentale au travail chez Euriware ». Connaissant la réserve habituelle de la médecine du travail, qui ne parle pas en général pour ne rien dire, le CHSCT prend la chose au sérieux et propose à la direction d’oeuvrer ensemble pour cerner le phénomène et agir en conséquence.
À la réunion suivante (mars 2009), la direction n’a pas avancé d’un pouce.
À celle de juin 2009 (6 mois plus tard, tout de même !), elle nous annonce que les Euriware, enfin, uniquement ceux qui travaillent sur la Hague, pourront bénéficier sur leur demande du dispositif mis en place par Areva (grosso modo, consultation d’un psy Areva), après être passés par une cellule d’accueil composée d’un médecin du travail et... d’un DRH Euriware. Bien sûr, pour l’entreprise l’organisation du travail n’y est pour rien, ce sont des problèmes individuels et donc :
- pas question d’analyser la situation et de voir si quelque chose cloche,
- pas question de mettre le CHSCT, et a fortiori les syndicats, dans la boucle,
- pas question de proposer autre chose qu’une écoute individuelle mise en place par Areva.
Comme le disait le journal « le Monde » du 14/08/09 en parlant des suicides en entreprises : « les directions sont très hostiles à ouvrir ce dossier. [elles] prennent des initiatives simplistes, comme la création de cellules psychologiques, de numéros verts ou l’organisation de stages de gestion individuelle du stress. Ce ne sont pas de réelles solutions,[...] ces suicides sont le plus souvent en lien avec les transformations de l’organisation du travail ».
D’ici à dire qu’Areva et Euriware préconisent des « initiatives simplistes »...
Devant cette inertie, le CHSCT a décidé de mandater un cabinet d’expert afin de l’aider à résoudre ce problème.
Et là, pour une fois, la direction a été très réactive, puisqu’elle assigne le CHSCT au tribunal de grande instance afin de lui interdire cette expertise !! Pourquoi cette action ? De deux choses l’une : ou le médecin du travail raconte n’importe quoi, et nous serons tous soulagés quand l’étude le démontrera, ou il y a un malaise dans la boîte, et alors il est temps de faire quelque chose. C’est d’autant plus incompréhensible que de toute façon, d’une manière ou d’une autre, cette expertise se fera. En plus, l’avocat du CHSCT (car il se défend, le bougre) est payé par la société. Alors, quel est leur intérêt ? Il y a-t’il quelque chose à cacher ?
Et par les temps qui courent, ils n’ont pas autre chose à faire ? Ils ont trop de temps libre à la direction ? Trop d’argent, peut-être, à la grande joie des avocats...
Les syndicats CGT et FO soutiennent le CHSCT dans sa démarche. Et si vous passez à Cherbourg, venez jeter un oeil au procès qui se tiendra
MARDI 15 SEPTEMBRE 2009 à 9H00
Tribunal de grande instance
15, rue des tribunaux
CHERBOURG


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