Cession totale ou partielle d’Euriware ?
Lettre ouverte à :
- Monsieur le PDG du groupe Areva
- Monsieur le PDG d’Euriware
Paris le 17 avril 2013
Messieurs les Présidents,
Nous avons été surpris d’apprendre qu’une réunion de type Comité de Direction étendu Euriware planifiée le 25 mars avait pour thème « Cession partielle ou totale d’Euriware par le groupe Areva ». Bien que cette réunion, à laquelle étaient conviée une centaine de cadres de l’entreprise ait été annulée quelques minutes avant son ouverture, le fait même de sa programmation nous interpelle. Il faut de plus savoir qu’à cette date le Comité Central d’Entreprise d’Euriware était réuni en séance ordinaire et qu’aucune information concernant une telle annonce n’y a été faite.
Cela ne pouvait qu’alimenter notre inquiétude, née de l’idée du partenariat émis par la direction lors de la nouvelle organisation en juin 2012. Nous ne pouvions en rester là sans réagir.
Lors de la réunion du bureau du Comité de Groupe France (CGF), du 9 avril nous sommes intervenus auprès de la direction au sujet de l’avenir d’EURIWARE au sein du groupe AREVA. La direction du Groupe nous a alors confirmé qu’une réflexion était en cours. A ce jour elle n’aurait pas encore pris de décision mais une annonce devrait être faite lors du CGF de juin.
Nous avons senti la direction du groupe en difficulté sur le sujet.
Par ailleurs, les experts du CGF (SECAFI et SCAFEC), missionnés pour informer les élus sur la compréhension des enjeux économiques du Groupe, ont précisé que ce sujet important en termes de travaux ne pourrait pas être traité lors du CGF de juin. Ils ont indiqué que si la direction avait déjà pris une décision, il lui faut l’annoncer rapidement afin de lancer l’expertise nécessaire.
Un tel projet, en lien direct avec le Plan d’Action Stratégique (PAS 2012-2016), retranscription fidèle des directives du gouvernement imposant d’importantes économies (30%) et une rentabilité à 2 chiffres (jamais atteinte depuis que le groupe existe), aura des impacts économiques et sociaux importants, au seul profit de l’Etat actionnaire, pour autant que cette cession puisse générer quelque profit que ce soit.
La CGT AREVA et la CGT Euriware alertent la direction du groupe, et les salariés d’Euriware sur l’ensemble des conséquences de ce projet de cession d’une des plus grosses filiales du Groupe avec plus de 2000 salariés et plusieurs centaines de sous-traitant.
Nous demandons aux directions du Groupe et d’Euriware d’informer les représentants du personnel sur ce projet de cession. Ne serait-ce qu’évoquer une telle éventualité est inenvisageable dans le confinement des salles de réunions managériales, entre une direction et son actionnaire principal. C’est bien de l’avenir des salariés, des prestataires, de leur famille, et des bassins d’emplois concernés dont il est question.
Par ce courrier, la CGT Euriware et la CGT AREVA, vous demandent de réunir dans les plus brefs délais le CGF puis le CCE Euriware afin de nous informer de vos réelles intentions.
Nous sollicitons également une entrevue la plus rapprochée possible afin que nous puissions au plus tôt vous exposer les causes et les conséquences que provoquerait une telle cession, à laquelle nous nous opposons formellement.
par
Minima Syntec
Le 21 octobre 2011, une seule organisation a signé un accord sur les minima salariaux de branche avec les organisations patronales SYNTEC et CICF. Cette proposition patronale est loin de compenser l’augmentation du coût de la vie. De plus, ces revalorisations ne prendront effet que dans quelques mois. Certaines organisations feront jouer leur droit d’opposition.
| Positions | Augmentation | Nv MC | |
|---|---|---|---|
| ETAM | 1.3.1 | 2.41 % | 1 424.80 € |
| 1.3.2 | 2.40 % | 1 453.10 € | |
| 1.4.1 | 2.40 % | 1 481.40 € | |
| 1.4.2 | 2.39 % | 1 509.70 € | |
| 2.1 | 2.04 % | 1 584.25 € | |
| 2.2 | 2.05 % | 1 683.30 € | |
| 2.3 | 2.06 % | 1 810.65 € | |
| 3.1 | 2.06 % | 1 938.00 € | |
| 3.2 | 2.07 % | 2 079.50 € | |
| 3.3 | 2.08 % | 2 221.00 € | |
| IC | 1.1 (coeff 95) | 2.01 % | 1 881.95 € |
| 1.2 (coeff 100) | 2.01 % | 1 981.00 € | |
| 2.1 (coeff 105) | 2.01 % | 2 080.05 € | |
| 2.1 (coeff 115) | 2.01 % | 2 278.15 € | |
| 2.2 (coeff 130) | 2.01 % | 2 575.30 € | |
| 2.3 (coeff 150) | 2.01 % | 2 971.50 € | |
| 3.1 (coeff 170) | 1,6 % | 3 354.10 € | |
| 3.2 (coeff 210) | 1,6 % | 4 143.30 € | |
| 3.3 (coeff 270) | 1,6 % | 5 327.10 € |
Nous sommes bien loin de minimas décents, avec des salaires réels qui collent de plus en plus avec ces minimas. Les revendications, selon les OS [1], portaient notamment sur :
- une revalorisation significative des salaires ETAM,
- un mini d’entrée pour les ingénieurs au moins égal au PMSS,
- la refonte du mode de calcul des minima prenant en compte les disparités Paris-Province et des secteurs,
- une grille unique.
Et pour cela, nous acceptions un échéancier pour remettre à jour ces dispositions dans une nouvelle grille. Concernant les ingénieurs et cadres, depuis 10 ans l’écart entre le plafond mensuel de la sécurité sociale et le premier coefficient cadre dans la grille de salaire des minima ne cesse de s’accentuer. Il est passé de plus de 600 euros en 2001 à plus de 1000 euros en mars 2011.
Et cet accord ne déroge malheureusement pas à cette logique puisque le PMSS a augmenté de 2.11% et les minima cadre de 2.01%. Devrions-nous cautionner une branche qui n’a d’autre objectif que de fabriquer des cadres « low cost ».
Ainsi, que ce soit pour les Etam ou les ingénieurs cadres, nous ne pouvons que dénoncer l’attitude d’une organisation syndicale qui semble entretenir la plus grande confusion quant à la signification de la défense des intérêts des salariés.
Montreuil, le 27 octobre 2011
[1] Organisations syndicales.
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